Petite synthèse des études scientifiques sur l’hypnose

Études scientifiques sur l’hypnose : ce qu’on sait, et ce que ça peut changer pour vous

Si vous lisez cette page, c’est souvent pour une raison simple : vous voulez savoir si l’hypnose est « du sérieux », et si cela peut vous aider concrètement (sommeil, anxiété, douleur, blocages, etc.). Ici, vous trouverez une synthèse lisible, basée sur des travaux scientifiques, sans jargon inutile.

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vous pouvez aussi consulter Hypnose à Caen et Découvrir la TNI.

Une définition claire (et utile) de l’hypnose

L’American Psychological Association (APA), via sa Division 30 (Society of Psychological Hypnosis), propose une définition largement utilisée en recherche : l’hypnose correspond à un état dans lequel l’attention est plus focalisée, la conscience périphérique plus discrète, et la personne devient plus réceptive à des suggestions (Elkins et al., 2015).

En pratique, cela se résume bien ainsi : vous ne « dormez » pas. Vous restez présent, mais votre attention se réorganise, et certains automatismes peuvent se modifier plus facilement.

Schéma : cortex cingulaire antérieur (ACC)
Illustration (Wikimedia Commons) : le cortex cingulaire antérieur est souvent impliqué dans la modulation de la douleur et l’attention (travaux de Faymonville et coll.).

🆕 Quoi de neuf depuis 2015 ?

Les neurosciences n’ont pas chômé. Depuis 2015, plusieurs études confirment ce qu’on constate souvent en cabinet : l’hypnose ne repose pas sur une croyance, mais sur une expérience qui modifie la façon dont le cerveau traite l’attention, les sensations, et parfois les émotions.

L’hypnose « cartographiée » : automaticité et réseaux (2019–2024)

Un résultat intéressant : l’activité de l’opercule pariétal est associée au sentiment d’automaticité (ce fameux « ça se fait tout seul ») dans une étude après induction hypnotique (Rainville et al., 2019). Autrement dit : un vécu très fréquent en hypnose a des corrélats observables.

Ce qu’on retrouve souvent dans la littérature de neuro-imagerie :

  • Réseau du mode par défaut (DMN) : des modulations ont été décrites dans des travaux fondateurs (McGeown 2009 ; Deeley 2012), en lien avec le « bavardage mental » et l’auto-référence.
  • Cortex cingulaire antérieur : impliqué dans la modulation de la douleur, la régulation attentionnelle et émotionnelle (travaux cliniques et neuro-imagerie en hypno-analgésie : Faymonville et coll.).
  • Réorganisation dynamique : selon l’induction, le type de suggestions et la personne, l’hypnose mobilise des configurations de réseaux différentes.

💡 Le saviez-vous ?
On lit parfois que l’hypnose « ressemble » à l’anesthésie. La réalité est plus simple : certaines signatures peuvent se rapprocher sur des aspects précis, mais en hypnose, vous pouvez rester conscient et interactif avec le thérapeute (ce qui n’est pas le cas sous anesthésie).

Illustration : réseau du mode par défaut (DMN)
Illustration (Wikimedia Commons) : représentation du Default Mode Network (DMN), souvent discuté dans l’auto-référence et la rumination.

Hypnose et sevrage des benzodiazépines (2016–2025)

Une étude française sur l’hypnose E2R (Émotion, Régression, Réparation) rapporte, à 12 mois, des résultats de réduction ou arrêt de benzodiazépines (Bastian et al., 2025) :

  • 79,5 % des patients ont réduit ou arrêté leur consommation (réduction moyenne rapportée : 55 %)
  • 57,5 % ont arrêté complètement (IC 95 % : 45,4 %–69,0 %)
  • 21,9 % poursuivent à dose réduite

Concrètement : c’est encourageant, mais cela se fait toujours avec coordination médicale. Si vous êtes concerné, l’hypnose peut parfois s’intégrer dans un parcours, mais jamais comme une injonction à arrêter seul.

📊 Ce que cela change pour vous, en cabinet

  • ✅ L’hypnose n’est pas un « blabla » : des corrélats mesurables existent (selon protocoles et profils).
  • ✅ Sommeil, anxiété, douleur : ce sont des terrains où l’hypnose est souvent utilisée en complément d’un cadre global.
  • ✅ Vous n’avez pas besoin d’« y croire » : l’essentiel est l’expérience guidée, la sécurité, et un objectif clair.
Si vous souhaitez vérifier si c’est pertinent pour votre situation, le plus simple est de voir la page
Consulter : comment ça se passe ou de prendre rendez-vous.

Hypnose et trouble du sommeil

Des études ont évalué l’hypnothérapie sur la qualité du sommeil dans certains contextes cliniques (Bernal et al., 2015), et une étude chez le sujet âgé a rapporté une amélioration du sommeil et des fonctions cognitives (Cordi et al., 2015).

Exemple d’enregistrement EEG du sommeil (polysomnographie)
Illustration (Wikimedia Commons) : exemple d’enregistrement EEG du sommeil (polysomnographie), utilisé dans certaines études.

Hypnose ou méditation de pleine conscience : est-ce la même chose ?

Régulièrement, on me demande : « C’est pas pareil que la méditation ? »
Réponse courte : non.

Une comparaison (Renelli, 2015) décrit des différences d’expérience vécue entre méditation de pleine conscience et hypnose :

Méditation de pleine conscience

  • Transe généralement moins marquée
  • Images mentales souvent moins vives
  • Plus d’auto-observation mobilisée
  • Très utile en régulation quotidienne

Hypnose

  • Moins de contenus parasites (selon induction et personne)
  • Travail plus direct sur certains automatismes
  • Changements parfois plus rapides sur des cibles précises
  • Particulièrement utile quand il faut « réparer une alarme »

🎯 Métaphore simple :

la méditation entretient votre maison mentale au quotidien.

L’hypnose, c’est la rénovation ciblée quand un mur est fissuré.
Les deux peuvent être utiles, mais pas pour les mêmes chantiers.

Hypnose et claustrophobie en IRM : un exemple très concret

Une étude prospective observationnelle a évalué une auto-hypnose audio-guidée juste avant une IRM, chez 55 patients, et rapporte une réduction de la claustrophobie pendant l’examen (Napp et al., 2021).

Photo : appareil d’IRM avec patient
Photo (Wikimedia Commons/NIH) : l’IRM est un contexte où l’hypnose/auto-hypnose peut aider certains patients claustrophobes.

Ils le disent avec leurs mots

« Sans l’accompagnement et l’hypnose, je n’aurais pas réussi. »

« J’étais en confiance, ce qui ne m’était jamais arrivé. »

« C’est la première fois que je puisse passer mon examen sans stresser. »

Pour lire d’autres retours (et les avis publics), vous pouvez consulter : Avis patients.

📋 Synthèse rapide

Problématique Ce que rapportent les études Traduction pratique (patient)
Sommeil / insomnie Améliorations rapportées dans certains contextes (Bernal 2015 ; Cordi 2015) Peut compléter un cadre global (rythme, hygiène de sommeil, auto-hypnose)
Anxiété / rumination Modulations attentionnelles et réseaux discutés (McGeown 2009 ; Deeley 2012) Travail ciblé sur automatismes et régulation, selon votre situation
Benzodiazépines Étude observationnelle : réduction/arrêt à 12 mois (Bastian 2025) Uniquement avec coordination médicale (sécurité d’abord)
Douleur Hypno-analgésie : données cliniques et neuro-imagerie (Faymonville et coll.) Peut aider en complément d’une prise en charge adaptée
Claustrophobie IRM Auto-hypnose audio-guidée : étude prospective observationnelle (Napp 2021) Peut réduire l’anxiété pendant l’examen chez certains patients
Côlon irritable Rapport INSERM : efficacité retenue notamment en antalgie et côlon irritable (INSERM 2015) Option possible selon indications, au cas par cas
Performance sportive Effets rapportés sur la performance (Milling & Randazzo 2015) Préparation mentale : utile si l’objectif est clair et mesurable

Sommeil / insomnie

Ce que rapportent les études
Améliorations rapportées dans certains contextes (Bernal 2015 ; Cordi 2015)
Traduction pratique
Peut compléter un cadre global (rythme, hygiène de sommeil, auto-hypnose)

Anxiété / rumination

Ce que rapportent les études
Modulations attentionnelles et réseaux discutés (McGeown 2009 ; Deeley 2012)
Traduction pratique
Travail ciblé sur automatismes et régulation, selon votre situation

Benzodiazépines

Ce que rapportent les études
Étude observationnelle : réduction/arrêt à 12 mois (Bastian 2025)
Traduction pratique
Uniquement avec coordination médicale (sécurité d’abord)

Douleur

Ce que rapportent les études
Hypno-analgésie : données cliniques et neuro-imagerie (Faymonville et coll.)
Traduction pratique
Peut aider en complément d’une prise en charge adaptée

Claustrophobie IRM

Ce que rapportent les études
Auto-hypnose audio-guidée : étude prospective observationnelle (Napp 2021)
Traduction pratique
Peut réduire l’anxiété pendant l’examen chez certains patients

Côlon irritable

Ce que rapportent les études
Rapport INSERM : efficacité retenue notamment en antalgie et côlon irritable (INSERM 2015)
Traduction pratique
Option possible selon indications, au cas par cas

Performance sportive

Ce que rapportent les études
Effets rapportés sur la performance (Milling & Randazzo 2015)
Traduction pratique
Préparation mentale : utile si l’objectif est clair et mesurable

🎯 Le mot de la fin

Les études s’accumulent, et elles sont déjà suffisamment solides pour une conclusion simple : l’hypnose a sa place dans certaines indications, surtout quand elle est pratiquée avec un cadre sérieux, des objectifs clairs, et une posture clinique rigoureuse.

Si vous sentez que « ça coince » depuis trop longtemps, la question n’est pas d’attendre une preuve parfaite,
mais de savoir si un accompagnement est pertinent pour vous, maintenant. Prendre rendez-vous.

Sources & bibliographie (consolidée)

  • INSERM (2015). Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose. inserm.fr
  • Vidal (2015). Rapport de l’INSERM : l’hypnose efficace dans le cadre de l’antalgie et du syndrome du côlon irritable. vidal.fr
  • Bioy, A. (2008). « Freud et l’hypnose. Une histoire complexe », Perspectives Psy, 47(2), 171–184.
  • Faymonville, M.-E. (2003). L’hypnose en anesthésie-réanimation : de l’application clinique aux mécanismes cérébraux (Thèse, Université de Liège). PDF
  • Elkins, G. R., Barabasz, A. F., Council, J. R., & Spiegel, H. (2015). The revised APA Division 30 definition of hypnosis. American Journal of Clinical Hypnosis. PubMed
  • Rainville, P. et al. (2019). Hypnotic Automaticity in the Brain at Rest. PubMed
  • McGeown, W. J. (2009). Travaux en IRMf sur activité du DMN pendant l’hypnose (référence de champ).
  • Deeley, Q. (2012). Travaux en IRMf sur corrélats neuronaux des états hypnotiques (référence de champ).
  • Napp, A. E. et al. (2021). Audio-guided self-hypnosis for reduction of claustrophobia during MR imaging. European Radiology. PubMed
  • Bastian, J. et al. (2025). Changes in the prescription of benzodiazepines and related drugs at month 12 after E2R hypnotherapy…. PubMed
  • Geoffrion, J. (2016). « Influence de l’hypnose éricksonienne sur la consommation en benzodiazépines et molécules apparentées », enquête quasi-expérimentale avant-après (Ille-et-Vilaine et Côtes d’Armor).
  • Bernal, L. J. et al. (2015). « The effect of hypnotherapy in the sleep quality of women with breast cancer », Psicooncologia, 12(1), 39–49.
  • Cordi, M. J. et al. (2015). « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the elderly », Neuropsychologia, 69, 176–182.
  • Capafons, A. et al. (2015). « Confirmatory factor analysis… », Anales de Psicologia, 31(1), 84–95.
  • Houssier, F. et al. (2015). « Freud consultant… », Revue française de psychanalyse, 2015/4 (79), 1198–1212.
  • Jensen, M. P. et al. (2015). « Mechanisms of hypnosis… », International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 63(1), 34–75.
  • Milling, L. S., & Randazzo, E. S. (2015). « Enhancing Sports Performance With Hypnosis… », Psychology of Consciousness. DOI : 10.1037/cns0000055
  • Patihis, L., & Younes Burton, H. J. (2015). Psychology of Consciousness, 2(2), 153–169.
  • Renelli, M. (2015). « Phenomenological experience in mindfulness meditation and hypnosis ». Dissertation Abstracts International, 76(1-B(E)).
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vous pouvez aller directement à : Comment consulter ou Prendre rendez-vous.