L’hypnose est une des approches thérapeutiques extrêmement efficaces et dont l’indication peut recouvrir une multitude de problèmes comportementaux et médicaux. L’aspect médical sera traité chez votre médecin, les aspects comportementaux et émotionnels pourront être accompagnés par votre psychologue.
L’étude comparative menée aux État-Unis, par le Dr Alfred Barrios* reflète des résultats étonnants, comme illustrés ici.
Comparons ce qui est comparable et rendons justice à l’outsider : la psychanalyse a permis de construire de beaux modèles de notre développement psycho-affectif. Elle correspond également à un travail nécessaire pour certains, à un moment donné, quand le présent est ouvert et le futur dégagé, sur un passé non-bloquant mais dont il faut revisiter le poids et le sens.
Ce que l’APA dit officiellement — et ce qu’elle oublie
L’American Psychological Association est, à ce jour, l’organisme scientifique international dont la définition fait le plus autorité sur le sujet. Ce n’est pas rien.
Sa formulation récente définit l’hypnose comme « un état de conscience induisant une absorption de l’attention et une diminution de la conscience périphérique, caractérisé par une plus grande réceptivité aux suggestions ».
Notez le glissement : on parle d’un état d’attention particulier, pas d’un état de conscience modifié. Ce n’est pas un détail — c’est une révolution discrète dans la façon dont la science aborde le phénomène.
Ce que cette définition ne dit pas, en revanche, c’est tout ce qui se joue dans la relation. L’hypnose n’est pas une procédure qu’on applique à quelqu’un. C’est un espace co-construit, entre un thérapeute et une personne qui accepte d’y entrer. La dimension relationnelle — l’alliance, la confiance, la posture du praticien — conditionne autant le résultat que la technique elle-même.
L’APA a raison sur l’état. Elle est incomplète sur le reste.
Voici un tableau compilant un ensemble d’études pertinentes, d’essais cliniques et de méta-analyses menés à ce jour, qui évaluent l’applicabilité et l’efficacité de l’hypnose sur un large éventail de traitements. La majorité des études présentées ont été repérées à partir des revues de Stewart (2005), Wark (2008) et Terhune et al. (2017).
Évaluation de l’efficience de l’hypnose sur un large éventail de traitements.
Douleur générale(Montgomery, DuHamel et Redd, 2000)
Effet hypnoanalgésique modéré à important.
Douleur aiguë (adultes)(Patterson & Jensen,2003)
L’hypnose a un impact fiable et significatif sur la douleur aiguë procédurale et la douleur chronique.
Douleur aiguë (enfants)(Zeltzer & LaBaron, 1982)
L’état hypnotique fonctionne mieux que la distraction pour la douleur liée à l’aspiration de la moelle osseuse.
Douleur chronique(Adachi et al. 2014)
Avantage modéré du traitement par rapport aux soins standards, effets supérieurs à ceux d’autres interventions psychologiques.
Douleur liée au cancer(Syrjala, Cummings et Donaldson, 1992 ; Panel d’évaluation technologique du NIH, 1996)
L’hypnothérapie réduit la douleur liée au cancer.
Douleur obstétricale(Jenkins & Prichard, 1933)
L’hypnose raccourcit le travail d’accouchement et réduit l’utilisation d’analgésiques.
Douleur neuropathique(Spiegel & Albert, 1983)
L’atténuation de la douleur hypnotique persiste après l’administration de naloxone.
Douleur chirurgicale (adultes)(Tefikow et al., 2013)
Effets positifs du traitement sur la détresse émotionnelle, la douleur, la consommation de médicaments, les paramètres physiologiques, la récupération et la durée de la procédure chirurgicale.
Douleur chirurgicale (enfants)(Lambert, 1996)
L’hypnose par imagerie guidée réduit la douleur et le temps d’hospitalisation par rapport au groupe témoin (sans hypnose).
Détresse pendant la chirurgie(Lang et al., 2006)
L’état hypnotique réduit l’anxiété et la douleur pendant la chirurgie mieux que le groupe témoin.
Résultat chirurgical(Montgomery et al., 2002)
Les groupes de traitement par hypnose ont eu de meilleurs résultats cliniques que la majorité des patients des groupes témoins.
Syndrome de l’intestin irritable(Schaefert et al., 2014)
L’hypnose était supérieure au groupe témoin pour le soulagement des symptômes et la réduction du score gastro-intestinal global.
Anorexie(Baker & Nash, 1987)
Un traitement échelonné avec l’hypnose est meilleur qu’un traitement identique sans hypnose.
Boulimie(Griffiths et al., 1996)
L’approche hypnotique est équivalente à la TCC et meilleure qu’un groupe témoin sur liste d’attente.
Obésité et perte de poids(Kirsch, 1996)
Les patients conjuguant l’approche hypnotique + TCC montrent une amélioration plus importante au fil du temps que les groupes témoins.
Vomissements pendant la chimiothérapie(Richardson et al., 2007)
L’hypnose est au moins aussi efficace que la TCC pour les vomissements anticipés et induits par la chimiothérapie chez les enfants.
Résultat chirurgical(Montgomery et al., 2002)
Les groupes de traitement par hypnose ont eu de meilleurs résultats cliniques que la majorité des patients des groupes témoins.
Hypertension(Friedman, 1977;1978)
L’hypnose a entraîné une diminution de la pression artérielle par rapport au groupe témoin. Lors du suivi à six mois, le groupe hypnose avait des diminutions moyennes de 13,3 mm Hg systolique et de 8,5 mm Hg diastolique par rapport à leurs pressions artérielles de départ.
Fibromyalgie réfractaire(Haanen et al., 1991)
Les patients, assignés au hasard pour être hypnotisés, ont obtenu une amélioration significative par rapport à ceux assignés au hasard à la seule thérapie physique.
Hémophilie(LaBaw, 1992)
Les patients assignés à un accompagnement hypnotique, avaient moins besoin de transfusions que les témoins (pas d’hypnose).
Dépression(Shih et al., 2009)
L’hypnothérapie a amélioré les symptômes de dépression; une intervention non pharmacologique prometteuse pour la dépression.
L’hypnothérapie est très efficace dans le traitement des troubles psychosomatiques.
Troubles traitables avec la TCC(Kirsch, 1995)
Les patients traités avec l’hypnothérapie + TCC montrent une amélioration plus importante que la majorité de ceux traités avec la TCC seule.
Hypnose et sommeil — des résultats qui méritent attention
Le sommeil est l’un des domaines où les études récentes sur l’hypnose sont les plus parlantes — et les moins connues du grand public.
Une série de travaux menés dans les pays hispanophones (Capafons et al., 2015) a exploré les représentations et les effets cliniques de la suggestion hypnotique sur des populations variées. En parallèle, une étude conduite au Mexique par Bernal et ses collaborateurs (2015) sur des patientes traitées pour un cancer du sein a produit un résultat surprenant : l’hypnothérapie s’est montrée supérieure aux traitements médicamenteux habituels pour améliorer la qualité du sommeil. Avec une nuance importante — le nombre de séances nécessaires est plus élevé, ce qui soulève la question de l’intégration de l’autohypnose pour des effets durables hors cadre hospitalier.
Plus proche de notre quotidien, une étude de Cordi et collaborateurs (2015, Neuropsychologia) portant sur des personnes âgées a montré qu’une suggestion hypnotique ciblée avant le coucher améliorait à la fois la qualité du sommeil lent profond et certaines mesures cognitives. Ce que le Stilnox ne fait pas.
Ce que cela signifie en cabinet : le sommeil perturbé n’est pas qu’un symptôme à traiter chimiquement. C’est souvent un signal que le système nerveux reste en veille alors qu’il pourrait se poser. L’hypnose travaille précisément là.
Références : Bernal et al. (2015), Psicooncologia 12(1) ; Capafons et al. (2015), Anales de Psicologia 31(1) ; Cordi et al. (2015), Neuropsychologia 69.
Hypnose ou méditation — même combat ?
La question revient souvent, et elle est légitime : la pleine conscience, le yoga, la méditation — ne font-ils pas la même chose que l’hypnose ? En moins mystérieux, en plus accessible ?
La réponse courte : non. Pas tout à fait.
Une étude comparative de <span class= »bleu-dur-text »><i>Renelli</i> (2015)</span> a directement confronté les deux pratiques sur le plan phénoménologique — c’est-à-dire sur ce que les sujets vivent de l’intérieur.
Résultat :
la pleine conscience mobilise davantage les processus cognitifs actifs (observation, description, recul).
L’hypnose, elle, produit une transe plus profonde, des images mentales plus vives, et moins d’activité d’auto-observation pendant l’expérience.
Ce n’est pas un concours. Ce sont deux états différents, avec des indications différentes. La méditation de pleine conscience est remarquable pour apprendre à observer ses états intérieurs sans réagir. Elle demande un entraînement régulier, et ses effets se construisent sur la durée.
L’hypnose thérapeutique agit différemment : elle ne demande pas à la personne d’observer son problème, elle lui propose d’en modifier les automatismes directement, en bypassant la résistance analytique. C’est pour cela qu’elle peut produire des effets tangibles plus rapidement — pas parce qu’elle est « plus forte », mais parce qu’elle emprunte un autre chemin.
Les deux peuvent se compléter. Dans ma pratique, il m’arrive de les combiner selon les besoins de la personne et le moment de l’accompagnement.
Références : Renelli M. (2015), Dissertation Abstracts International 76(1-B) ; Jensen et al. (2015), International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis 63(1).
+ de réf. bibliographie (Cliquez)
Bernal LJ, Lopez AT, Garcia J, Marisol D, Cadena G, Cirilo H, Garcia E. « The effect of hypnotherapy in the sleep quality of women with breast cancer », Psicooncologia Vol.12(1), 2015, pp. 39-49.
Bioy, A. (2008), « Freud et l’hypnose. Une histoire complexe » Perspectives Psy 47 (2), 171-184.
Capafons A, Suarez-Rodriguez JM, Selma ML. « Confirmatory factor analysis of the Valencia Scale of Attitudes and Beliefs Toward Hypnosis (revised client version), with a Spanish sample » Anales de Psicologia Vol.31(1), Jan 2015, pp. 84-95.
Cordi MJ, Hirsiger S, Merillat S, Rasch B. « Improving sleep and cognition by hypnotic suggestion in the elderly » Neuropsychologia Vol.69 Mar 2015, pp. 176-182.
Houssier F, Vlachopoulou X, Bonnichon D, Capart N. « Freud consultant. Une lecture de la correspondance entre Freud et Federn », Revue française de psychanalyse 2015/4 (79), p. 1198-1212.
Jensen MP, Adachi T, Tome-Pires C, Lee J, Osman ZJ, Miro J. « Mechanisms of hypnosis: Toward the development of a biopsychosocial model » International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis 63(1), Jan 2015, pp. 34-75.
Milling, L. S., & Randazzo, E. S. (2015). « Enhancing Sports Performance With Hypnosis: An Ode for Tiger Woods » Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice. Advance online publication. https://dx.doi.org/10.1037/cns0000055
Patihis L, Younes Burton HJ. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice Vol.2(2), Jun 2015, pp. 153-169.
Renelli, Matteo. 2015. « Phenomenological experience in mindfulness meditation and hypnosis ».Dissertation Abstracts International: Section B: The Sciences and Engineering. Vol.76(1-B(E)).
L’hypnose... pour quoi donc ?
L’hypnose permet de dialoguer / influer directement avec nos inconscients (cognitif, affectif, langagier, etc. – à comprendre comme un ensemble de schèmes cognitifs, affectifs et procéduraux et à distinguer d’un inconscient freudien monolithique) pour favoriser la reprogrammation de nos automatismes.
Certes, nous faisons cela avec de la répétition (pensez à votre première leçon de conduite automobile et à la facilité avec laquelle vous conduisez désormais en discutant et recherchant votre station de radio). Certaines techniques d’apprentissage ou de préparation mentale (dont la visualisation) sont autant de moyens de mettre en place, de façon automatique, les changements que vous souhaitez.
L’hypnose, dans une approche de performances ou bien thérapeutique, permet également ce changement, de façon aisée et rapide.
Autrement dit, pas de miracle, si ce n’est qu’on s’affranchit du temps et de l’énergie habituellement nécessaires à nos évolutions. Quelques séances suffisent à automatiser une transformation qui aurait pris plusieurs semaines d’efforts et de contraintes.
L’hypnose est également une approche idéale pour dépasser nos situations conflictuelles et nos croyances limitantes. Dans cet état, nous donnons toute la puissance à nos rêves/objectifs et mettons en sourdine les petites voix internes, contraignantes ou critiques, qui brisent habituellement nos élans.
De plus, notons que l’hypnose permet également une meilleure communication au sein de notre cerveau triunique avec nos émotions et apprentissages (système limbique) et avec notre fonctionnement instinctif et physiologique (cerveau reptilien), donnant parfois des résultats extraordinaires sur des programmations, qui ne sont plus uniquement comportementales, et qui impactent positivement sur le fonctionnement de notre unité somato-psychique (réactions allergiques, troubles fonctionnels, programmation psychomotrice, etc.).
Contrairement à l’idée reçue, c’est lors que le corps et l’esprit sont au repos que l’intensité cérébrale est la plus élevée : 98% de notre cerveau sont en effet sollicités, contre 96% en pleine activité. Le mythe qui véhicule l’idée que nous n’utilisons que 10% de notre capacité cérébrale s’effondre (Selon la rumeur, attribué à une petite phrase d’Einstein, qui sauf le respect qu’on lui doit, n’était pas un spécialiste des neurosciences, elles-mêmes d’ailleurs quasi-inexistantes à l’époque).
De récentes découvertes en épigénétique ont, par ailleurs, démontré que la modulation de l’expression de nos gênes varie en fonction de nos comportements, de notre environnement , de notre alimentation, de notre gestion émotionnelle, de nos activités physiques, de nos réseaux sociaux, et de notre plaisir. L’hypnose, par la qualité de « réalité » de l’expérience vécue en transe, peut compléter la liste des facteurs environnementaux favorisant une expression génétique orientée et choisie.
L’hypnose est-elle validée scientifiquement ?
Oui. L’hypnose fait l’objet d’évaluations scientifiques rigoureuses, notamment en neurosciences et en médecine.
Les études en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle) montrent que l’hypnose correspond à un état cérébral spécifique, avec des modifications mesurables de l’activité neuronale.
Ce que montrent les recherches
Diminution de l’activité des zones impliquées dans la vigilance externe
Modification de la perception de la douleur
Réduction de l’auto-analyse et du contrôle conscient
Le cerveau ne s’endort pas : il fonctionne différemment.
HAS Recommandations sur la prise en charge de la douleur incluant des approches non médicamenteuses
Site officiel HAS
AP-PH —
Utilisation de l’hypnose en milieu hospitalier (douleur, anesthésie, soins)
Informations AP-HP
Antoine BIOY (Université de Bourgogne) —
Travaux sur l’hypnose clinique et ses applications thérapeutiques
Publications universitaires
L’hypnose n’est pas une croyance.
C’est une pratique étudiée, utilisée… et intégrée dans le système de soins.
L’hypnose n’est qu’un outil …parmi d’autres tous très efficaces !
Je souligne que le thérapeute n’est pas un « vendeur d’hypnose » ! Je rappelle souvent aux nouveaux consultants que, si elle reste une approche thérapeutique extrêmement efficace, elle n’est pas la seule et d’autres approches issues des neurosciences donnent également des résultats parfois avec encore plus de facilité et de rapidité. Votre thérapeute saura adapter ce qui vous convient le mieux à un moment donné de votre accompagnement.
L'hypnose à Caen
Merci pour vos retours d'expérience
Un changement rapide et efficace bien loin de la psychothérapie classique !
Je remercie Monsieur Hébert pour l’accompagnement réalisé de manière fulgurante.
Les thérapies brèves sont à l’honneur et c’est un régal pour un changement rapide et efficace. Nous sommes bien loin de la psychothérapie !!
Les vieux dossiers sont classés, les vilaines croyances effacées alors un grand merci.
Je reviendrai pour booster mon prochain projet et retrouver cet humour décapant.